La ballade de Juliette, Une escapade au Viel Audon

Juliette Pauly, “Après ma licence d’anthropologie, je n’avais pas envie d’écrire sur des gens qui font, mais plutôt envie de faire.”

Toute la Gaule est envahie par l’asphalte et le béton. Toute ? Non ! Un hameau résiste encore !

Quel chemin pour des Odettes en vadrouille ! Après quelques heures sur des routes sinueuses, nous voilà tout près. Nous avons laissé la voiture, ramassé nos cliques et nos claques, et nous avons posé un pied après l’autre pendant 20 bonnes minutes, sur un chemin pierreux bordé de pins et de chênes verts, le long de la rivière Ardèche avant d’y arriver enfin. Arriver où ? Mais au Viel Audon, bien sûr !

 

 

C’est là, sur une terrasse ombragée avec vue sur la rivière toute proche que nous rencontrons Juliette, qui sera notre guide pour la visite : jeunesse et fraîcheur, mais aussi un esprit libre, curieux et perspicace, qui retourne nos questions et transforme l’interview en une longue conversation sur nos parcours respectifs… Elle travaille deux jours par semaine pour l’association des Bateleurs (culture d’herbes aromatiques, transformation) et un jour pour la ferme du hameau (gestion de la boutique) : “Après ma licence d’anthropologie, je n’avais pas envie d’écrire sur des gens qui font, mais plutôt envie de faire. Alors, j’ai cherché un travail plus physique, qui ait du sens.. Et c’est ainsi que je me suis retrouvée en Ardèche, dans le hameau du Viel Audon.”

Nous voici parties pour une promenade guidée le long des rues en pierres, ornées d’arbres verdoyants, dans cet ancien hameau abandonné. Juliette nous explique que le hameau se reconstruit grâce à des volontaires et des chantiers Jeunes : “Ces jeunes de tous horizons et de tous pays sont jusqu’à 80 à être accueillis sur place. Ce sont eux qui remontent les pierres, organisent le chantier et leur propre fonctionnement.  Ici un mur qui se reconstruit, là la gestion des déchets, là encore la préparation du pain et du repas de midi… Autant vous dire que l’on a l’impression d’une fourmilière !”

Et certains n’en repartent pas ! Désormais, une dizaine de permanents habitent sur place ou à proximité et travaillent au Viel Audon. Ils sont réunis en fonctionnement collectif, au sein de plusieurs associations qui se côtoient et se soutiennent:

  • le Mat, qui propose un lieu d’accueil, un gîte d’une quarantaine de places, qui organise des temps de formation (ex : permaculture …) et entretient un beau potager.

  • La Ferme, qui élève des cochons, des chèvres, des volailles, et produit des fromages.

  • Et les Bateleurs* qui gèrent, sur place, la production et la transformation de plantes aromatiques.

Pour que tout se passe au mieux, chaque année en décembre, tous les habitants du hameau se réunissent pour une semaine de réflexion sur le fonctionnement de leur vie en commun. C’est le défi de cette expérience atypique qui a attiré Juliette : “Ce fonctionnement en collectif de plusieurs associations du hameau n’est pas toujours une évidence ! Il faut savoir prendre du recul, trouver les limites entre professionnalisme et bénévolat, ne pas exiger autant des autres que de soi-même, savoir jusqu’où on peut et veut s’engager !” C’est probablement grâce à des initiatives de ce type que ce remarquable collectif continue à fonctionner, et à évoluer depuis plus de 30 ans.

Grâce à toutes les personnes de bonne volonté qui contribuent à la vie de ce hameau, ces ruines sont devenues aujourd’hui un hameau plein de vie ! Nous avons laissé Juliette au hameau pour aller piquer une tête dans l’eau fraîche de la rivière. Puis il a bien fallu prendre le chemin du retour, après un dernier détour pour admirer les plants de piments vibrant de couleur, l’enclos 5* des cochons, les arches de pierre en reconstruction, et pour s’enivrer des parfums de garrigue …Quel lieu magique ! »

http://www.levielaudon.org/

http://www.le-bateleur.org/

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