Chantiers de femmes, mode d’emploi // n°3

Quel est le lien entre la valorisation de meubles d’occasion et la création de films sur l’industrie du bijou ? C’est la mise en place de chantiers d’insertion pour retrouver un emploi et la volonté d’avancer personnellement et professionnellement.

A quoi servent les chantiers d’insertion ?

Les chantiers d’insertion permettent l’insertion par l’activité économique. Conventionnés par l’Etat, ils ont pour objet l’embauche de personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales et/ou professionnelles. L’activité principale d’un chantier est l’accompagnement socioprofessionnel et la formation grâce à un travail rémunéré.
En Ardèche, les chantiers d’insertion sont souvent plus adaptés aux hommes : activités de débroussaillage, ouverture de chemins de randonnées, réalisation de murs en pierres sèches… De ce fait, les femmes y ont peu accès.

Quels sont les moyens mobilisés ?

Les financements de ces chantiers, attribués en fonction de la qualité du projet et des partenariats mis en place sur le territoire, sont assurés par les structures partenaires : État, Conseil Général, Région. Les chantiers d’insertion bénéficient aussi d’exonérations liées aux contrats aidés du secteur non marchand : des contrats d’accompagnement dans l’emploi. Ils peuvent également utiliser d’autres ressources pour des actions d’accompagnement des personnes dans leur parcours (collectivités territoriales, Pôle Emploi…).

Ainsi, les deux chantiers féminins que nous vous proposons de découvrir notre magazine n°3 sont, pour nous, des initiatives fortes pour faciliter la réinsertion professionnelle des femmes du nord Ardèche.

Comment fonctionnent-ils ?

Les chantiers d’insertion proposent un parcours d’insertion socioprofessionnelle fondé sur une expérience en situation réelle de travail, une formation en situation de production, ainsi qu’un accompagnement individualisé adapté à la situation de chaque salarié. Ils peuvent être organisés ponctuellement ou de manière permanente. Ils ont une activité économique “support” : vente de meubles recyclés, valorisation d’un patrimoine grâce à des courts métrages, missions de débroussaillage, jardins partagés… Ces activités d’utilité sociale sont organisées à l’échelle d’un territoire (une communauté de communes ou un bassin de vie…). Les salariés sont alors mis en situation de production favorisant une remobilisation personnelle et professionnelle, une découverte de plusieurs métiers, un réapprentissage de la vie professionnelle, permettant une nouvelle approche du marché de l’emploi.

Qui peut postuler pour un poste dans un chantier d’insertion ?

Dans tous les chantiers d’insertion, les personnes sélectionnées doivent être inscrites à Pôle emploi ou en mission locale, ou encore bénéficiaires du RSA… Il s’agit de contrats de travail temporaires, parfois renouvelables.  Par exemple, dans le cadre de la Ressourcerie, 48 candidats, correspondant aux critères définis par les financeurs, ont été présélectionnés. 21 ont été retenus pour passer les entretiens d’embauche, qui ont permis de recruter 8 employés.

Un contrat de travail dans un chantier d’insertion n’est qu’une ÉTAPE dans le cheminement vers un emploi durable.

Qu’est-ce que ça apporte ?

Certes, ces chantiers d’insertion sont un retour concret à une activité salariée. Mais pas seulement. Retrouver confiance en soi, identifier ses compétences, en acquérir de nouvelles, retrouver les automatismes du travail en équipe : autant de bénéfices qui permettent aux salariés d’évoluer pendant la durée de leur contrat. Ce sont aussi des emplois avec un accompagnement socio-professionnel important tout au long du chantier : formations, stages en immersion, appui à des candidatures…

Enfin, les postes proposés permettent aux salariés de découvrir les opportunités de leur territoire et d’apprendre à valoriser ses richesses, ce qui est une vraie chance pour cheminer vers l’emploi, dans nos espaces ruraux où la connaissance du territoire est un vrai atout pour trouver un poste.

Et pour les territoires ?

Les personnes en recherche d’emploi représentent une richesse formidable pour nos territoires, pour peu que nous leur accordions un peu de temps, et des outils pour repartir vers le chemin de l’emploi.
Et pourtant, les chantiers d’insertion au féminin sont rares, surtout en zone rurale. Les deux initiatives présentées dans ce dossier sont la preuve que lorsque les partenariats se nouent et que la volonté est là, il devient possible de penser l’emploi autrement, grâce aux atouts de nos territoires et à la richesse des compétences de ceux qui ont choisi d’y vivre, et d’y travailler.

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