Deux Ardéchoises à Paris

Odette & CO au siège de la Fondation Elle :

Voici le récit de notre périple enchanté à Paris, où nous sommes allées défendre notre projet de parrainage d’Odette & Co par la Fondation Elle. On peut le retrouver en ligne ici :

http://blog.elle.fr/le-blog-de-la-fondation-elle/

Deux Ardéchoises à la rédaction de ELLE

12 juillet 2012

Tout commence par une course effrénée sur un quai de gare… 
Les contrôleurs attendent, le sourire aux lèvres, les deux voyageuses hors d’haleine, qui parviennent à se glisser dans le train juste avant la fermeture des portes. Il nous faut un moment pour réaliser que nous avons failli rater notre départ, trop occupées à lire notre magazine préféré, ELLE.
C’est une grande journée aujourd’hui, nous rencontrons justement l’équipe de la Fondation ELLE pour leur demander de soutenir notre magazine 100% ardéchois, « Odette rurale mais pas ringarde ».

Dans le train, nos compagnons de voyage nous regardent en coin, en se demandant d’où nous sortons et bientôt, la conversation se fait générale. Nous bavardons, en français et en anglais, sur les mérites de l’Ardèche, sur les théories psychologiques du Français Pierre Janet avec un voyageur charmant , qui est consul de Grande-Bretagne ! Il nous parle de son métier, de son quotidien et nous avoue qu’il n’a jamais travaillé avec l’Ardèche, pas assez attractive économiquement …
Mais déjà Paris nous tend les bras. Foule, couleurs, radis beurre à 5,40€ ! Nous sommes bien loin de la maison ! Nous avons rendez-vous à Levallois-Perret, chez Lagardère Active, au siège de la rédaction de ELLE, un immeuble massif aux vitres en verre réfléchissant, dont les reflets déformés me font penser à un tableau de Hundertwasser.

Quand nous entrons, l’agent de sécurité nous jette un vague coup d’œil avant de nous désigner du bras un coin de l’entrée. Nous sommes intriguées : comment peut-il nous connaître ?
La réponse est à quelques pas … devant le panneau qui indique la grande braderie ELLE, où une foule de jeunes femmes se presse pour dénicher des bonnes affaires. Mais non, nous ne sommes pas venues faire du shopping, mais pour rencontrer les filles de la Fondation ELLE !

Nous voici enfin dans le bureau de Karine, Chloé et Marie, leur charmante stagiaire franco-américaine. Nous expliquons les détails de notre projet, et nous découvrons que notre réalité, qui nous paraît si évidente, n’est pas si facile à comprendre de loin. Nous échangeons concepts et vocabulaire : nous leur parlons d’AMAP, de scop ou de GASE, elles nous répondent entreprenariat social, pages chaudes ou froides ! Comme il est grisant de parler au nom de nos Odettes ! Nous pouvons d’autant plus profiter de ces moments hors du temps que nous savons que nous sommes les voix et les cœurs de notre groupe…
Nos anges gardiennes de la Fondation nous ouvrent les portes de la rédaction de ELLE et nous voici en train de parcourir les couloirs, en ouvrant des yeux de petites filles émerveillées.
Pour certaines, le rêve serait un week-end au Ritz ou un séjour à Saint-Tropez. Pour moi, je me sens princesse, devant ces photos de couverture grandeur nature, devant la photothèque où se cachent tous les numéros depuis 1945 et où nous aurions pu passer une semaine sans sortir. Princesse encore grâce à l’accueil chaleureux de Dominique, secrétaire de rédaction au ELLE depuis plus de 20 ans, qui nous explique son quotidien avec les yeux encore pétillants de gourmandise après tant d’années passées à construire le magazine ; princesse quand les graphistes de la maquette acceptent de jeter un coup d’œil à Odette et nous font des retours constructifs, mais surtout, nous complimentent sur notre magazine.

Quelle plus belle récompense que celle de ces grands professionnels, qui nous renvoient un enthousiasme inattendu pour notre petit projet ? Nous ressortons ce soir-là le cœur dans les étoiles, en pensant à nos amies qui attendent notre retour…

Et bien, elles attendront un peu plus longtemps que prévu… Car ce rêve parisien se prolonge d’un jour, grâce à la générosité et l’enthousiasme communicatif de Karine, et grâce à l’envie des journalistes de nous rencontrer ! Nous n’avons pas hésité une seconde avant de changer nos billets… Dans la station de métro, nous nous asseyons un moment pour apaiser nos émotions, en regardant le ballet surréaliste des Parisiens qui passent sans nous voir. Il y a du monde sur les quais et je suis frappée par la diversité et la beauté de certaines des personnes qui m’entourent ! Dans mon wagon, il y a des femmes si belles qu’elles mériteraient de faire une couverture de magazine, des hommes au visage soigné, vêtus de costume, ou plus étonnamment de jogging rouge vif. Société de consommation, tous ont un téléphone, un livre ou des achats dans les mains… Il y a ce silence impressionnant qui les environne, pas de conversation, pas non plus « la tchatche » qu’on pourrait retrouver à Marseille, pour moi qui vient de Provence. Une foule dans un silence pressé, immobile au milieu de ces serpents de tunnels qui se meuvent sous Paris…

Le lendemain matin, dans le métro, à chaque arrêt, de nouveaux venus montent à l’assaut et parviennent à se caler dans les interstices vacants. Après trois écrasages de chaussure en règle, je réalise tout haut que je n’ai pas la bonne technique pour garer mes pieds à chaque secousse du métro. Sourires des passagers qui m’entourent, nous parlons un moment. Les Parisiens ne sont pas si impavides qu’on voudrait nous le faire croire : les rires et les discussions ne demandent qu’à jaillir face à ma curiosité mal déguisée.

Je retrouve Hélène, juste après avoir assisté à une chute spectaculaire d’une belle dame juchée sur des talons qui n’ont pas voulu la suivre dans un escalier. De retour à Levallois-Perret, le conte de fée peut continuer pour les petites Ardéchoises subjuguées ! De discussions en connivence naissante, nous perdons tout sens du temps dans les locaux de la Fondation, dans les couloirs et les bureaux de ELLE. Nous marchons comme des escargots dans les couloirs de Paris Match (magazine appartenant également au groupe Lagardère Active), pour mieux admirer les splendides photos accrochées aux murs, qui valent toutes les expositions de New York ou d’ailleurs. Les stars et les anonymes s’y succèdent au fil des actualités, saisis par les plus grands photographes…

Que dire de l’accueil que nous recevrons de la part des journalistes qui prennent le temps de nous parler de leur passion, de ce repas partagé avec Karine, Marie, Edith et Marion au fameux Huitième, prestigieux restaurant logé au dernier étage de l’immeuble. Que dire de nos conversations, de toutes ces idées, de ces conseils et ces rêves qui prennent forme dans nos cœurs ? Comment retranscrire notre envie de partager ces moments avec les filles du groupe, notre espoir d’avoir réussi à donner envie de découvrir l’Ardèche – du Nord !


Nous reviendrons de ces deux jours de pérégrination avec des étoiles pleins les yeux, avec des envies et des projets… L’Ardèche nous tend les bras, et nos familles nous accueillent… Il fait bon et vert ici, il y a un parfum d’été dans nos villages assoupis, dans la solitude de la forêt. Le contraste est saisissant, et c’est ce qui fait la richesse de nos choix, la justesse de nos projets, mais aussi ce qui nourrit nos envies de partage et de découverte, notre désir d’ouvrir nos ailes et de nous envoler !

A Désaignes, le 03 juillet 2012
Elena Hoyer

 

Le 10 juillet 2012, le conseil d’administration de la Fondation ELLE a donné son accord pour apporter son soutien au développement du magazine « Odette », qui est à la fois un manifeste pour les femmes rurales et heureuses de l’être, mais également un outil de professionnalisation pour des femmes en recherche d’emploi.

Une réflexion au sujet de « Deux Ardéchoises à Paris »

Laisser un commentaire